23 juillet, 2026

[TRIBUNE] Rave-parties et risques d’incendie : les campagnes ne sont pas des terrains de jeu !

Par Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Antoine d’Amécourt, maire d’Avoise (72) et président de Fransylva, la fédération des forestiers privés.


RAVE-PARTIES ET RISQUES INCENDIES
LES CAMPAGNES NE SONT PAS DES TERRAINS DE JEU !


Alors que plus de 115 000 hectares ont déjà brûlé en France depuis début juillet et que 9 feux sur 10 sont d’origine humaine, le monde rural alerte sur le risque de rave-parties illégales. La FNSEA et Fransylva appellent l’État à agir fermement contre des événements jugés très préjudiciables pour l’environnement.

Agriculteurs et forestiers vivent un paradoxe épuisant. Il leur est de plus en plus compliqué d’exercer et développer leurs activités, pourtant absolument nécessaires à la société : les agriculteurs nous nourrissent ; les forestiers produisent le bois dont la société a besoin.

Et, dans le même temps, ils assistent impuissants tant à une augmentation croissante d’actes totalement irresponsables et impunis - rave-parties, rodéos, décharges sauvages, camping sauvages et feux illégaux - qu’à la diffusion de discours idéologiques mettant en cause leur travail. 

Ces  phénomènes mettent en grand danger les forêts et les terres agricoles, la biodiversité, et l’environnement en général. Dans nos campagnes, le respect des parcelles privées (et publiques !) n’est pas négociable, l’Etat doit agir. 

Des dégâts concrets, des vies méprisées

Derrière chaque intrusion, il y a une réalité écologique, économique et humaine trop méconnue. Un champ traversé par des engins motorisés ou occupé illégalement, c'est une culture saccagée, des mois de travail réduits à néant, une perte sèche que personne ne compensera et des déchets abandonnés à évacuer, toujours aux frais des mêmes. Une rave-party en bordure de forêt ?, c'est un risque d'incendie, des arbres blessés, un sol compacté, une faune perturbée pendant des semaines. 

Ces atteintes ne sont pas des incidents isolés. Elles se multiplient, s'aggravent, et touchent désormais toutes les régions de France. Les forestiers entretiennent 17 millions d'hectares, soit un tiers du territoire métropolitain. Les agriculteurs cultivent 29 millions d'hectares, soit plus de la moitié du pays. 

Mais au-delà des frais, des dégâts, des préjudices, comment tolérer l'impunité ? Les organisateurs de rave parties clandestines savent que le risque est (pour le moment) léger. Mais quid des participants ? Les fous de rodéos disparaissent avant l'arrivée des forces de l'ordre. Les responsables des dépôts sauvages ne sont que très rarement poursuivis. 

Il est temps de rétablir une vérité simple, que la ville tend à oublier : la campagne n'est pas un espace libre de droit, pour qui veut s'y défouler. C'est un espace de travail, de production, de vie et de ressourcement.

Reprendre la main face aux irresponsables

Où est l’État, si prompt à légiférer sur les bonnes pratiques agricoles et sylvicoles, quand il s’agit concrètement de protéger ceux qui nous nourrissent et fournissent notre bois.

Fort heureusement, les parlementaires se font les relais des attentes de terrain. Le projet de loi Ripost "réponse immédiate aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité, la tranquillité de nos citoyens" et la proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l'organisation de rave-parties, par exemple semblent prendre la mesure du problème et apporter des réponses. L’État doit être au rendez-vous de ces travaux parlementaires pour assurer leur adoption et surtout, leur application effective sur le terrain ! 

Agriculteurs, forestiers et simples habitants de nos campagnes ont aussi besoin d’une action plus ambitieuse de l’Etat et du législateurs en renforçant par exemple les moyens des gendarmeries de proximité, notamment par la poursuite du plan de création de nouvelles brigades fixes, mais aussi en facilitant en renforçant les sanctions relatives aux intrusions, vols et dégradations en zone rurale, et en lançant une campagne nationale de sensibilisation sur le respect des espaces agricoles et forestiers.


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